Productions chorégraphiques

Ellias Girod in GÊ. Chorégraphie Gaël Sesboüé. Photo : Nicollas Ollier

©  Nicolas Ollier


« L’évolution ne tire pas ses nouveautés du néant. Elle travaille sur ce qui existe déjà, soit qu’elle transforme un système ancien pour lui donner une fonction nouvelle, soit qu’elle combine plusieurs systèmes pour en échafauder un autre plus complexe. »  François Jacob


– un des noms de la déesse de la Terre dans l’Antiquité grecque – s’inscrit dans un double contexte. En premier lieu, cette installation plastique et vivante est motivée par la question environnementale et la place de l’art dans les débats sur le développement durable, épicentre prégnant des préoccupations mondiales contemporaines. Gê, autre nom de Gaïa, signifie Terre dans toutes ses acceptions et réunit en une unité la puissance tellurique de la nature entre création harmonieuse et surgissement du chaos.En second lieu, GÊ s’inscrit dans la problématisation du corps vivant et de la pratique chorégraphique au sein de l’espace d’exposition. Comment l’art chorégraphique imaginé non pas comme spectacle à regarder pour la scène mais comme installation à visiter devient-il un lieu d’exposition singulière ? Comment propose-t-il à l’espace d’exposition une autre médiation entre son public et les œuvres exposées ?


C’est sur un socle en carton de six mètres par cinq mètres que s’active le mouvement du vivant. Surface plane, déserte, écologique, qui offre comme un simultané d’une histoire universelle et macroscopique. Au-delà de ce socle, tour à tour territoire et piédestal manufacturé qui renvoie à l’activité humaine qui construit sans cesse, la surface s’étend dans l’espace d’exposition et compose un paysage minimaliste. S’y déploie une danse matière où le corps tend à se fondre dans l’installation et ses résonnances naturelles : l'humus, le minéral, l'organique. S’y déploie aussi une danse industrialisée pensée et vécue comme activité humaine dans l’espace naturel : l’architecture, la répétition, la puissance de construction. De ces deux précipités peut advenir une danse durable, l’émergence d’une figure humaine puissante et délicate, créatrice et à l’écoute, une danse présente à soi et ouverte au monde, un dialogue chorégraphique pour interroger ou pour décrypter les nouvelles façons d’habiter dignement la Terre.

Ainsi, fait état de questions environnementales générées par le pouvoir amplifié des hommes sur la nature. Simultanément, par l’utilisation d’un environnement sonore immersif et interactif avec le mouvement du corps créé par Vincent Raude, il nous rappelle qu’au tournant du XXIème siècle, les deux données essentielles de notre nouveau paysage sont les nouvelles technologies et l’écologie. Dépliant un éventail d’états de corps, l’installation s’active durant 4 heures – temporalité prise en charge alternativement par Gaël Sesboüé et Elias Girod – durant lesquelles le public est libre d'aller et venir, libre du temps qu'il y accorde et de sa circulation dans l'espace. L’installation invite alors le visiteur à des déplacements circulaires telles des révolutions elliptiques autour d’un épicentre attractif.
Lieu de passage ou espace de méditation, GÊ engage une réflexion sur nos choix à penser nos écosystèmes personnels et collectifs.

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1. Anthropocène est un néologisme construit à partir du grec ancien ἄνθρωπος (anthropos, « être humain ») et καινός (kainos, « nouveau »), en référence à une nouvelle période de l’histoire de la Terre où l'activité humaine est devenue la contrainte géologique dominante devant toutes les autres forces naturelles qui jusque là avaient prévalu, cette période débute avec la première révolution industrielle.


DISTRIBUTION

Chorégraphie : Gaël Sesboüé
Interprétation : Elias Girod, Gaël Sesboüé
Dispositif sonore : Vincent RaudeAssistante : Betty Tchomanga
Durée : pendant toute la durée d’ouverture des lieux d’accueil


DIFFUSIONS

2016
11 et 12 juin 2016 - MUMA, Le HavreMusée d'art moderne André Malraux

2015
7 février 2015 - Mac Orlan, Brest Festival Désordre

2014
du 6 au 18 octobre 2014 Centre d’art contemporain Passerelle, Brest
12 septembre 2014 La Voilerie danse, Son ‘Icone Danse, Arzon
12 juillet 2014 Sidney Cooper Gallery, Canterbury dans le cadre du Kent dancing festival / South East Dance en partenariat avec Spectacle vivant en Bretagne


MENTIONS

Production LOLA GATT
Coproduction Le Phare CCN du Havre Haute-Normandie en partenariat avec South East Dance et Spectacle vivant en Bretagne et avec le soutien de DanSCe Dialogue 2, dispositif du programme européen de coopération transfrontalière Interreg IV A France (Manche) – Angleterre, cofinancé par le FEDER. Avec l’aide à la production de la Voilerie danse, Arzon.

Résidences / Accueils studio : Le Phare, Centre Chorégraphique National du Havre Haute-Normandie). South East Dance / Hextable, Kent (GB). Centre d'art contemporain Passerelle,Brest. Le Quartz, scène nationale de Brest. La voilerie danse, Arzon.
Avec le soutien du Ministère de la culture DRAC de Bretagne, de la région Bretagne, du conseil général du Finistère et de la Ville de Brest.

Installation vivante, écologique et anthropocène (1) pour l’espace muséal et la salle d’exposition.

Gaël Sesboüé